Reporterre – « Voici pourquoi je soutiens Emmanuel Macron »

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Je vous propose de retrouver ici la tribune publiée dans le journal Reporterre suite au ralliement de CAP21LRC à Emmanuel Macron. Voici mes trois raisons.

Lire sur le site de reporterre.net


Certains de mes amis écologistes se sont interrogés, voire, ont contesté notre choix (car il s’agit d’un choix collectif de Cap21/Le Rassemblement citoyen) de soutenir à la présidentielle Emmanuel Macron. Il est en effet clair que le vote en faveur de Yannick Jadot, même si je me suis violemment opposée à la stratégie des Verts qui ont repris le contrôle de la structure EELV, pouvait paraître naturel dans la mesure où, sur les questions écologiques (mais pas nécessairement sur les autres), nous partageons le même constat. Et même davantage, puisque Yannick Jadot a repris la thèse que nous soutenons à CAP21 depuis 20 ans, celle du mariage de l’économie et de l’écologie.

Ce n’est pas le choix que nous avons fait, et ce pour trois raisons. La première est la plus évidente. Notre premier souci est d’éviter une présidence Le Pen ou une présidence Fillon. Or, il n’y a qu’un candidat aujourd’hui en capacité de parvenir au deuxième tour, même si cela reste encore difficile : c’est Emmanuel Macron. Dès lors, à nos yeux, tout doit être fait pour lui permettre de battre si possible Marine Le Pen (plutôt que François Fillon) et d’être au deuxième tour de la présidentielle pour gagner.

La deuxième raison est de l’ordre de l’adhésion. Voilà 20 ans que notre mouvement plaide en faveur d’un dépassement du clivage droite/gauche en fonction du positionnement à l’égard des enjeux du XXIe siècle, caractérisé par la double révolution environnementale et numérique à laquelle s’ajoute aujourd’hui la question du terrorisme. Voilà presque aussi longtemps que notre mouvement plaide en faveur d’une reprise en main par les citoyens de leur destin et d’une montée en puissance de la société civile dans le monde politique. Personnellement, j’ai écrit plusieurs ouvrages dont Les Mains propres : plaidoyer pour la société civile au pouvoir, paru en 2014, pour expliquer les ravages de la professionnalisation de la politique et la nécessité d’ouvrir largement à d’autres le Parlement, même le gouvernement. C’est dans la même logique que nous avons constitué en janvier 2016 la primaire des Français, rassemblant des associations et mouvements allant du centre-droit à la gauche pour favoriser précisément une candidature de la société civile. Dès lors, même si certains peuvent se gausser du parcours d’Emmanuel Macron, passé par l’ENA et par la banque, son projet et sa volonté s’inscrivent parfaitement dans notre logique. Du reste, le fait de s’engager à ce que la moitié au moins des candidats au Parlement présentés par En Marche [le mouvement de M. Macron] n’aient jamais eu auparavant de mandat parlementaire en est l’illustration. Dès lors, que ce soit sur le positionnement politique, libéral social ou sur la redistribution de pouvoir vers la société civile, nous sommes sur la même longueur d’onde.

C’est un homme qui sait écouter et changer de position s’il est convaincu

La troisième raison tient à la personne d’Emmanuel Macron et l’espoir que je porte de pouvoir le faire évoluer sur les sujets environnementaux et sanitaires. Il n’y a pas aujourd’hui de candidats, hormis peut-être dans une moindre mesure Jean-Luc Mélenchon, en capacité de susciter l’enthousiasme, l’adhésion, l’espérance. La mobilisation dans les meetings, sans que les moyens habituels mis par les partis politiques pour remplir les salles (trains, cars, sandwiches, etc.) qui du reste se remplissent de moins en moins, atteste de cette force de conviction qui l’anime et de sa capacité en particulier à rassembler les jeunes. Certes, Emmanuel Macron n’est pas un écologiste et ses choix et sorties en tant que ministre de l’Économie sur le diesel ou le nucléaire ne plaident pas en sa faveur. Mais, c’est un homme qui sait évoluer, écouter et changer de position s’il est convaincu.

La constitution du projet qui se fait aujourd’hui au sein des groupes de travail témoigne, d’une part, de la diversité de ses soutiens et, d’autre part, d’une compréhension des enjeux écologiques et sanitaires ainsi que climatiques et, par voie de conséquence, de la nécessité absolue de faire de la transition écologique un axe majeur du programme. Mes efforts et ceux de mes amis, souvent experts dans les domaines environnementaux et énergétiques, consistent précisément à essayer de peser pour que le programme corresponde au mieux aux nécessités et aux réalités auxquelles nous exposent les drames écologiques et sanitaires contemporains. Plus nous serons nombreux à peser en ce sens et mieux nous pourrons pousser dans la bonne direction.

Telles sont les raisons qui m’ont conduite à faire le choix que j’ai fait et à le proposer à Cap21/Le Rassemblement citoyen, qui l’a accepté. Il y a bien sûr, comme dans tout choix, une part d’aléa que je mesure et que j’assume. Mais, je suis convaincue que le jeu en vaut la chandelle parce que la fougue et la force de conviction d’Emmanuel Macron, l’espoir qu’il suscite sont le meilleur rempart contre le Front national.

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Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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