#ParlonsVrai : les vraies questions posées par l’affaire Pénélope Fillon

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La vélocité avec laquelle une information préliminaire a été ouverte à propos de Pénélope Fillon interpelle à juste titre. Mais, on peut penser aussi que cette rapidité peut permettre à François Fillon de se débarrasser très rapidement d’une affaire qui pourrait être très gênante.

En réalité, il y a plusieurs niveaux dans ce dossier et le moins qu’on puisse dire est que les bonnes questions n’ont pas été forcément posées à François Fillon. Le premier niveau est d’ordre éthique. Est-il normal qu’un parlementaire embauche un membre de sa famille ? C’est parfaitement légal en France, parfaitement illégal au niveau européen et c’est du reste la raison pour laquelle Marine Le Pen a rencontré des difficultés pour l’emploi de son compagnon Monsieur Alliot.

C’est légal, est-ce éthique ? Le sujet dépasse bien évidemment François Fillon puisqu’il concernerait le cinquième des membres du Parlement. Pour autant, il semble bien que les Français n’acceptent plus cette forme de népotisme. Mais il est évident que François Fillon n’est pas dans un cas particulier même s’il était quelque peu choquant de l’entendre dire que le parlementaire faisait ce qu’il voulait de l’enveloppe qui lui était remise dans la mesure où il s’agit quand même de fonds publics.

Il n’est probablement pas contestable que Pénélope Fillon ait soutenu son mari dans sa carrière politique. Pour autant, était-ce un travail d’attaché parlementaire et ce travail a-t-il été différent lorsque elle était rémunérée et lorsqu’elle ne l’était pas. Deux autres questions se posent : quel type de travail a-t-il été fait durant la période où Madame Fillon a été employée par le suppléant de son mari ; quel a été le travail fait pour la revue des deux mondes en dehors des deux notes de lecture dont il a été fait état.

C’est à toutes ces questions qu’il faudra répondre très rapidement pour évacuer ou non la question juridique. Il n’en reste pas moins que les affirmations de Madame Fillon elle-même, les contradictions entre les déclarations de François Fillon et celles de ses soutiens dont Bernard Accoyer sur la présence de Madame Fillon au Parlement, les pressions qui auraient été exercées sur Christine Kelly qui doit être entendue aujourd’hui par les enquêteurs laissent une impression désagréable.

Au-delà, c’est tout un mode de fonctionnement du monde politique qui est interpellé. La question de la légalité est évidemment essentielle pour François Fillon. Mais il est désormais évident que le nouveau président de la république devra faire légiférer sur les règles applicables aux parlementaires tant en ce qui concerne l’emploi des membres de leur famille qu’en ce qui concerne la justification des frais de représentation qui aujourd’hui ne sont soumis à aucune règle. C’est le minimum qui est du reste exigé au niveau communautaire, et qui est indispensable si l’on veut parler de confiance entre les Français et leurs représentants.

2 Commentaires

  1. Le parquet agit toujours TRÈS rapidement en matière financière.
    Il serait intéressant que les bureaux des assemblées lèvent a priori les immunités dont bénéficient les élus en matière de détournement des finances publiques.
    Mme Fillon, elle, n’est pas protégée. Va t’elle récupérer la circonscription de son mari pour obtenir cette protection ?
    S’agissant des paiements de la revue des deux mondes, l’argent public n’est pas en cause et le propriétaire de la revue n’a pas l’intention de porter plainte. Alors…
    Maintenant si nous passons du niveau judiciaire au niveau moral, comment former les élus et ne pas les pénaliser tout en limitant le nombre de mandats faits ? Je n’ai pas la réponse.

  2. […] La vélocité avec laquelle une information préliminaire a été ouverte à propos de Pénélope Fillon interpelle à juste titre.Mais, on peut penser aussi que cette rapidité peut permettre à François Fillon de se débarrasser très rapidement d’une affaire qui pourrait être très gênante.En réalité, il y a plusieurs niveaux dans ce dossier et le moins qu’on puisse dire est que les bonnes questions n’ont pas été forcément posées à François Fillon.Le premier niveau est d’ordre éthique. Est-il normal qu’un parlementaire embauche un membre de sa famille ? C’est parfaitement légal en France, parfaitement illégal au niveau européen et c’est du reste la raison pour laquelle Marine Le Pen a rencontré des difficultés pour l’emploi de son compagnon Monsieur Alliot.C’est légal, est-ce éthique ? Le sujet dépasse bien évidemment François Fillon puisqu’il concernerait le cinquième des membres du Parlement. Pour autant, il semble bien que les Français n’acceptent plus cette forme de népotisme. Mais il est évident que François Fillon n’est pas dans un cas particulier même s’il était quelque peu choquant de l’entendre dire que le parlementaire faisait ce qu’il voulait de l’enveloppe qui lui était remise dans la mesure où il s’agit quand même de fonds publics.Il n’est probablement pas contestable que Pénélope Fillon ait soutenu son mari dans sa carrière politique. Pour autant, était-ce un travail d’attaché parlementaire et ce travail a-t-il été différent lorsque elle était rémunérée et lorsqu’elle ne l’était pas. Deux autres questions se posent : quel type de travail a-t-il été fait durant la période où Madame Fillon a été employée par le suppléant de son mari ; quel a été le travail fait pour la revue des deux mondes en dehors des deux notes de lecture dont il a été fait état.C’est à toutes ces questions qu’il faudra répondre très rapidement pour évacuer ou non la question juridique. Il n’en reste pas moins que les affirmations de Madame Fillon elle-même, les contradictions entre les déclarations de François Fillon et celles de ses soutiens dont Bernard Accoyer sur la présence de Madame Fillon au Parlement, les pressions qui auraient été exercées sur Christine Kelly qui doit être entendue aujourd’hui par les enquêteurs laissent une impression désagréable. Au-delà, c’est tout un mode de fonctionnement du monde politique qui est interpellé. La question de la légalité est évidemment essentielle pour François Fillon. Mais il est désormais évident que le nouveau président de la république devra faire légiférer sur les règles applicables aux parlementaires tant en ce qui concerne l’emploi des membres de leur famille qu’en ce qui concerne la justification des frais de représentation qui aujourd’hui ne sont soumis à aucune règle. C’est le minimum qui est du reste exigé au niveau communautaire, et qui est indispensable si l’on veut parler de confiance entre les Français et leurs représentants. Corinne LepageVous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.  […]

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