#ParlonsVrai: le temps d’un changement de monde politique est venu

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@ AFP

L’évolution de l’affaire Fillon, l’affaire Le Pen conduisent à une forme d’implosion du système partisan.

Devant les Français médusés, ce sont des centaines de milliers d’euros qui défilent, attribués à des personnes qui n’ont pas effectué le travail correspondant -en ce qui concerne Marine Le Pen- ou qui pourraient ne pas l’avoir effectué en ce qui concerne François Fillon et son suppléant député de la Sarthe. Le népotisme, les emplois fictifs, viennent s’ajouter à une interrogation sur la réalité du travail effectué par les assistants parlementaires, ce qui est tout à fait injuste dans la mesure où ceux qui remplissent effectivement cette fonction ont un travail tout à fait « tangible ». Rendez-vous, notes de travail, préparation discourt, recherche de documentation, préparation d’amendements, représentation du parlementaire, ce travail est tout à fait réel.

Je peux témoigner en tant que parlementaire européenne qui a employé trois assistants parlementaires et deux stagiaires durant tout mon mandat (dont aucun n’avait de lien de près ou de loin avec moi-même) du fait que non seulement ce travail était tangible mais que de surcroît il était harassant. Bien souvent, les journées commençaient à sept ou huit heures du matin pour se terminer à minuit, voire plus tard. Mais, ceci renvoie aussi à l’activité réelle des parlementaires. Il est évident qu’un parlementaire qui n’est que très peu présent au Parlement, ne propose pas d’amendements, ne propose pas de texte, ne participe pas aux commissions, n’est rapporteur d’aucun texte, ne risque pas de trop charger ses collaborateurs…. C’est donc en réalité tout le mode de fonctionnement du Parlement qui est remis en cause, le coût qu’il génère et l’effectivité du travail des parlementaires eux-mêmes.

On a assez glosé sur l’absentéisme des Eurodéputés français au Parlement européen qui nous coûte très cher en influence ; mais, la faute première en revient aux structures partisanes qui choisissent des candidats sous la forme d’un lot de consolation par rapport à une investiture nationale ou pire encore à la suite d’un échec électoral. Mais, même s’ils existent, et dans tous les partis, les députés réellement investis au parlement européen sont rares et les partis ne tiennent aucun compte de la qualité du travail pour réinvestir leurs députés sortants. Là aussi, les exemples existent dans tous les partis. Il en va exactement de même des attachés parlementaires bidon. Il n’y a pas que le FN qui utilise et a utilisé les fonds parlementaires pour payer les permanents de la structure partisane. Il suffirait à un journaliste un peu attentif de comparer les organigrammes des partis et les assistants parlementaires pour trouver d’autres cas…

Dès lors, c’est bien à une remise à plat complète du système qu’il faut procéder. Sans doute, le chant de la calomnie et « l’invention d’un coup d’État institutionnel » pour tenter de cacher l’évidence sont-ils des outils très habituels. Mais précisément c’est parce qu’ils sont éculés qu’ils ne marchent plus. Le temps d’un changement de monde politique est venu.

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  1. […] L’évolution de l’affaire Fillon, l’affaire Le Pen conduisent à une forme d’implosion du système partisan.Devant les Français médusés, ce sont des centaines de milliers d’euros qui défilent, attribués à des personnes qui n’ont pas effectué le travail correspondant -en ce qui concerne Marine Le Pen- ou qui pourraient ne pas l’avoir effectué en ce qui concerne François Fillon et son suppléant député de la Sarthe. Le népotisme, les emplois fictifs, viennent s’ajouter à une interrogation sur la réalité du travail effectué par les assistants parlementaires, ce qui est tout à fait injuste dans la mesure où ceux qui remplissent effectivement cette fonction ont un travail tout à fait « tangible ». Rendez-vous, notes de travail, préparation discourt, recherche de documentation, préparation d’amendements, représentation du parlementaire, ce travail est tout à fait réel.Je peux témoigner en tant que parlementaire européenne qui a employé trois assistants parlementaires et deux stagiaires durant tout mon mandat (dont aucun n’avait de lien de près ou de loin avec moi-même) du fait que non seulement ce travail était tangible mais que de surcroît il était harassant. Bien souvent, les journées commençaient à sept ou huit heures du matin pour se terminer à minuit, voire plus tard. Mais, ceci renvoie aussi à l’activité réelle des parlementaires. Il est évident qu’un parlementaire qui n’est que très peu présent au Parlement, ne propose pas d’amendements, ne propose pas de texte, ne participe pas aux commissions, n’est rapporteur d’aucun texte, ne risque pas de trop charger ses collaborateurs….C’est donc en réalité tout le mode de fonctionnement du Parlement qui est remis en cause, le coût qu’il génère et l’effectivité du travail des parlementaires eux-mêmes. On a assez glosé sur l’absentéisme des Eurodéputés français au Parlement européen qui nous coûte très cher en influence ; mais, la faute première en revient aux structures partisanes qui choisissent des candidats sous la forme d’un lot de consolation par rapport à une investiture nationale ou pire encore à la suite d’un échec électoral.Mais, même s’ils existent, et dans tous les partis, les députés réellement investis au parlement européen sont rares et les partis ne tiennent aucun compte de la qualité du travail pour réinvestir leurs députés sortants. Là aussi, les exemples existent dans tous les partis. Il en va exactement de même des attachés parlementaires bidon. Il n’y a pas que le FN qui utilise et a utilisé les fonds parlementaires pour payer les permanents de la structure partisane. Il suffirait à un journaliste un peu attentif de comparer les organigrammes des partis et les assistants parlementaires pour trouver d’autres cas…Dès lors, c’est bien à une remise à plat complète du système qu’il faut procéder. Sans doute, le chant de la calomnie et « l’invention d’un coup d’État institutionnel » pour tenter de cacher l’évidence sont-ils des outils très habituels. Mais précisément c’est parce qu’ils sont éculés qu’ils ne marchent plus. Le temps d’un changement de monde politique est venu. Corinne LepageVous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.  […]

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