#ParlonsVrai : de quoi les débats autour de la loi littorale sont-ils le signe?

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La Faute-sur-Mer après le passage de la tempète Xynthia / REUTERS/Regis Duvignau

Les députés n’ont finalement pas massacré la loi littorale comme les sénateurs le proposaient.

Ils ont néanmoins facilité l’implantation d’activités en bordure du rivage , permis l’urbanisation dans les dents creuses et définit le hameau permettant ainsi des interprétations pour favoriser l’urbanisation. Comment comprendre cette folie d’un certain nombre d’élus menés en particulier par l’Anel (association nationale des élus du littoral) pour vouloir à tout prix construire le plus possible en bord de rivage alors que dans le même temps les modifications apportées par la loi ont pour objectif de prendre en compte la transformation du trait de côte et les risques de submersion auxquels nous sommes exposés dans les toutes prochaines années ?

La loi littorale a fêté ses 30 bougies, et il y a plus de 20 ans lorsque j’étais ministre, les pressions s’exerçaient déjà pour que cette loi soit modifiée de manière à favoriser une urbanisation plus large. La loi littorale n’a pas empêché le saccage de la majeure partie de la Côte d’Azur et c’est grâce à la ténacité des tribunaux administratifs de Rennes et Nice en particulier et encore plus précisément grâce à certains magistrats qui l’ont payé très cher, qu’une jurisprudence rigoureuse s’est mise en place et a permis de sauvegarder ce qui pouvait encore l’être.

Mais aujourd’hui, la question n’est pas seulement esthétique ; elle n’est pas seulement celle de la protection des cordons dunaires, de la faune et la flore. Elle est aujourd’hui celle des vies humaines.

L’affaire de la Faute sur mer n’est malheureusement pas la première du genre a démontré le drame auquel conduisait la construction en zone dangereuse. Ce n’est qu’un début dans la mesure où la mer avance inexorablement, où le niveau des eaux s’élève déjà et où les prévisions sont catastrophiques pour notre siècle. L’heure est à se poser les questions de la sécurisation des immeubles existants, de la destruction de ceux qui ne peuvent être sécurisés et d’une réflexion générale sur la construction hors zone inondable.

Dans ces conditions, comment comprendre la volonté des parlementaires d’assouplir les règles de construction en zone littorale ? Cette question est une interpellation sur le sens des priorités, sur la compréhension de la réalité du phénomène de dérèglement climatique et de ses conséquences, d’adaptation aux situations nouvelles du XXIe siècle. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, s’opposent les personnes du Nouveau Monde et celles de l’ancien monde, qui restent calées sur une rentabilité immédiate pour les promoteurs, et oublient totalement les coûts à venir pour les humains comme pour les collectivités publiques qui devront aider à assumer à terme les déménagements et les destructions.

Ce débat un peu surréaliste autour de la loi littorale révèle dans ce domaine comme dans d’autres que le court terme, la mauvaise appréciation des coûts et le manque de discernement dans les priorités restaient monnaie courante.

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Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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  1. […] La Faute-sur-Mer après le passage de la tempète Xynthia Les députés n’ont finalement pas massacré la loi littorale comme les sénateurs le proposaient.Ils ont néanmoins facilité l’implantation d’activités en bordure du rivage , permis l’urbanisation dans les dents creuses et définit le hameau permettant ainsi des interprétations pour favoriser l’urbanisation. Comment comprendre cette folie d’un certain nombre d’élus menés en particulier par l’Anel (association nationale des élus du littoral) pour vouloir à tout prix construire le plus possible en bord de rivage alors que dans le même temps les modifications apportées par la loi ont pour objectif de prendre en compte la transformation du trait de côte et les risques de submersion auxquels nous sommes exposés dans les toutes prochaines années ? La loi littorale a fêté ses 30 bougies, et il y a plus de 20 ans lorsque j’étais ministre, les pressions s’exerçaient déjà pour que cette loi soit modifiée de manière à favoriser une urbanisation plus large. La loi littorale n’a pas empêché le saccage de la majeure partie de la Côte d’Azur et c’est grâce à la ténacité des tribunaux administratifs de Rennes et Nice en particulier et encore plus précisément grâce à certains magistrats qui l’ont payé très cher, qu’une jurisprudence rigoureuse s’est mise en place et a permis de sauvegarder ce qui pouvait encore l’être. Mais aujourd’hui, la question n’est pas seulement esthétique ; elle n’est pas seulement celle de la protection des cordons dunaires, de la faune et la flore. Elle est aujourd’hui celle des vies humaines.L’affaire de la Faute sur mer n’est malheureusement pas la première du genre a démontré le drame auquel conduisait la construction en zone dangereuse. Ce n’est qu’un début dans la mesure où la mer avance inexorablement, où le niveau des eaux s’élève déjà et où les prévisions sont catastrophiques pour notre siècle. L’heure est à se poser les questions de la sécurisation des immeubles existants, de la destruction de ceux qui ne peuvent être sécurisés et d’une réflexion générale sur la construction hors zone inondable.Dans ces conditions, comment comprendre la volonté des parlementaires d’assouplir les règles de construction en zone littorale ? Cette question est une interpellation sur le sens des priorités, sur la compréhension de la réalité du phénomène de dérèglement climatique et de ses conséquences, d’adaptation aux situations nouvelles du XXIe siècle. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, s’opposent les personnes du Nouveau Monde et celles de l’ancien monde, qui restent calées sur une rentabilité immédiate pour les promoteurs, et oublient totalement les coûts à venir pour les humains comme pour les collectivités publiques qui devront aider à assumer à terme les déménagements et les destructions.Ce débat un peu surréaliste autour de la loi littorale révèle dans ce domaine comme dans d’autres que le court terme, la mauvaise appréciation des coûts et le manque de discernement dans les priorités restaient monnaie courante. Corinne LepageVous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.  […]

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