4 propositions pour que société civile et politiques puissent co-construire la démocratie

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Les citoyens ne veulent plus se contenter de mettre un bulletin dans l’urne tous les cinq ans. Ils veulent interagir avec les élus.

Nous vivons, c’est certain, un changement sociétal profond qui va amener immanquablement à un renouvellement des représentants politiques et de leurs pratiques. Il commence évidemment avec une ouverture du Parlement à la société civile, et la proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir les investitures à 50% de personnes venues de la société civile constitue une véritable révolution douce. Elle est de nature à changer profondément le rapport de confiance, parce que nos concitoyens n’auront plus le sentiment qu’un fossé les sépare de leurs représentants. Mais cela ne suffit pas.

Les citoyens ne veulent plus et ne doivent plus se contenter de mettre un bulletin dans l’urne tous les cinq ans. Ils veulent et ils doivent interagir chaque fois que nécessaire avec les élus. La démocratie ne se décrète pas. Elle est un processus qui doit se construire avec les citoyens.

– D’abord, le référendum d’initiative populaire, qui a été introduit dans la constitution par Nicolas Sarkozy mais qui est restée lettre morte, faute du vote d’une loi organique, devrait voir le jour avec un abaissement très considérable des seuils prévus par la constitution. 1% des électeurs devrait suffire pour permettre un référendum d’initiative populaire dont la question ne pourrait remettre en cause évidemment les engagements internationaux de la France ou être contraire à la Constitution.

– Un droit de pétition devrait également être reconnu à l’instar de ce qui existe déjà en Grande-Bretagne par exemple, permettant à 1% du corps électoral de demander au Parlement de se saisir d’une question.

La représentation de la société civile au sein d’un conseil économique, social et environnemental totalement rénové devrait être assurée avec une dimension de long terme et la participation aux choix des membres des organismes de régulation: conseil constitutionnel, conseil supérieur de la magistrature, conseil supérieur de l’audiovisuel etc.

– Au niveau local, la conception et la réalisation des gros projets petits et grands devrait être totalement revue pour permettre une réelle participation du public. Celui-ci devrait non seulement pouvoir formuler des projets qui pourraient être retenus sous certaines conditions comme par exemple au Piémont, mais il devrait être réellement associé à la préparation en amont des projets. Cela permettrait d’éviter des blocages insurmontables, et des projets absurdes parce que élaborés en totale méconnaissance du terrain.

Avec ces trois révolutions, celle de la moralisation, celle de la rationalité des choix et celle de la participation effective des citoyens, nous aurons la capacité de rétablir la confiance et par voie de conséquence d’assurer le dynamisme, l’innovation et la cohésion dont notre pays a impérativement besoin.

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